• L'amour

     

     

     

     

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    Il faut donner à l'autre ce qu'il attend pour lui,

    non ce que vous souhaitez pour vous.

    Ce qu'il espère, non ce que vous êtes.

    Car ce qu'il espère, ce n'est jamais ce que vous êtes, c'est toujours autre chose.

    J'ai donc appris très tôt à donner ce que je n'avais pas.

    Qu'est ce que c'est un adulte ?

    C'est quelqu'un qui est absent de sa parole comme de sa vie

    et qui le cache.

    C'est quelqu'un qui ment.

    Il ment non sur telle ou telle chose, mais sur ce qu'il est.

    Un enfant devient adulte quand il est capable d'un tel mensonge profond, essentiel.

    Oui, on est un peu comme ça quand on est amoureux.

    On vide ses poches, on perd son nom.

    On découvre avec ravissement la certitude de n'être rien.

    Ma vie ne vient à moi qu'en mon absence.

    Dans la clarté d'une pensée indifférente à mes pensées.

    Dans la pureté d'un regard indifférent à mes désirs. Ma vie fleurit loin de moi, à l'école buissonière.

    Je m'en sépare en allant dans le monde. Je la rejoins en contemplant le ciel. Le ciel matériel, peint en bleu et en or...

    Les lumières qui y traînent sont des lettres d'amour.

    Un amour sans appartenance. Sans avidité. Un amour qui ne vous demande rien

    sinon d'être là.

    Qui vous donne l'éternel, en passant.

     

     

     

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    Pourquoi faudrait-il un sens à nos jours ?

    Pour les sauver ? Mais ils n'ont pas besoin de l'être.

    Il n'y a pas de perte dans nos vies, puisque nos vies sont perdues d'avance,

    puisqu'elles passent un peu plus, chaque seconde.

    Sans doute l 'avez-vous remarqué : notre attente

    d'un amour, d'un printemps, d'un repos

    est toujours comblée par surprise.

    Comme si ce que nous espérions était toujours inespéré.

    Comme si la vraie formule d'attendre était celle-ci :

    ne rien prévoir,

    sinon l'imprévisible.

    Ne rien attendre, sinon l'inattendu.

    Reste l'amour qui nous enlève de tout,

    sans nous sauver de rien. La solitude est en nous comme une lame,

    profondément enfoncée dans les chairs.

    On ne pourrait nous l'enlever sans nous tuer aussitôt.

     

     

     

     

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    L'amour ne révoque pas la solitude.

    Il la parfait.

    Il lui ouvre tout l'espace pour brûler.

    L'amour n'est rien de plus que cette brûlure,

    comme au blanc d'une flamme. Une éclaircie dans le sang.

    Une lumièredans le souffle. Rien de plus.

    Et pourtant il me semble que tout une vie serait légère,

    penchée sur ce rien. Légère, limpide :

    l'amour n'assombrit pas ce qu'il aime.

    Il ne l'assombrit pas parce qu'il ne cherche pas à le prendre.

    Il le touche sans le prendre.

    Il le laisse aller et venir.

    Il le regarde s'éloigner, d'un pas si fin qu'on ne l'entend pas mourir :

    éloge du peu, louange du faible.

    L'amour s'en vient, l'amour s'en va.

    Toujours à son heure, jamais à la vôtre.

    C. Bobin

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    le nez o vent
    Mardi 2 Juillet 2013 à 12:00
    profondeur des mots, beauté des fleurs merci, bises
    2
    LUZIFER
    Jeudi 4 Juillet 2013 à 12:00
    Il serait bon de venir s'abreuver souvent à cette source de mots si nécessaires...
    3
    Jeudi 4 Juillet 2013 à 12:00
    c'est très joli !
    4
    ozy
    Jeudi 4 Juillet 2013 à 12:00
    superbes photos merci Jackie le texte aussi est tres beau et très juste j'étais en panne de LIVE BOX ... çà arrive je t'embrasse bonne journée
    5
    Vendredi 5 Juillet 2013 à 12:00
    Des fleurs en duo pour illustrer ce texte sur l'amour, ses caprices, son côté imprévu et imprévisible...
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